"Je collectionne, tu collectionnes ..."

ou "les membres de la section vous présentent leurs collections"

Les philatélistes de l'Avenir de Sarcelles n'ont pas hésité à plusieurs reprises à faire découvrir leurs collections, leurs centres d'intérets, à l'occasion de nos bourses-expositions annuelles et c'est donc tout naturellement qu'ils vous proposeront régulièrement ici une présentation virtuelle des pièces ayant trait à leur collection. Ainsi notre ami Orderic Feuville vous présente le timbre type des colonies françaises, habituellement qualifié de "groupe", Gérard nous présente les timbres de l'ordre souverain militaire de Malte, Alain nous présente quelques marques postales de Sarcelles. D'autres devraient nous rejoindre dans cette galerie d'exposition virtuelle au cours des prochains mois. Nous remercions au passage tous les les auteurs dont les ouvrages ont pu nous inspirer et nous aider dans notre recherche sur ces sujets. Si vous souhaitez apporter d'autres informations utiles sur ces sujets, nos pages vous sont ouvertes ... contactez nous !


Histoire de Groupes, ou le timbre des colonies françaises de 1892 Article suivant

Ce n'est qu'en 1892 que ne débute réellement l'histoire philatélique locale de nombreuses colonies françaises, jusqu'alors limitée aux émissions passe-partout dite des "colonies générales" et de quelques émissions locales limitées.

Cette révolution déjà centenaire était l'aboutissement de quarante années d'évolutions, depuis les premiers timbres de métropole jusqu'aux émissions surchargées sur les "Alphée Dubois".

I) les origines. Emissions générales.

Dès la création des timbres-postes en France en 1849, les principales colonies utilisèrent, dans mesure de leurs stocks disponibles, les timbres de la métropole. Quelques colonies se démarquèrent en créant leurs propres vignettes (île de la Réunion en 1852 et Nouvelle Calédonie en 1859 avec le "Triquérat").

Mais c'est à partir des années 1859-1865 que furent mis en service les premiers véritables timbres destinés aux colonies, et servant indistinctement quel qu'en soit le lieu : les types "aigles impériales".

Dans la période troublée qui succéda à la guerre de 1870-1871, les envois de timbres de la métropole vers les colonies subirent quelques retards inévitables. Faute de nouvelles valeurs devant remplacer les aigles impériales on réutilisa donc les planches existantes des timbres de l'Empire (dentelés, laurés et siège) mais pour bien préciser qu'il s'agissait de timbres coloniaux, ceux-ci furent émis non-dentelés aux valeurs suivantes : 1c vert-olive, 5c vert-jaune, 10c bistre, 20c bleu, 30c brun, 40c orange et 80c rose.

De 1872 à 1877 ne furent émis que des timbres au type "Cérès", toujours non dentelés (Yvert 14 à 23).

Puis de 1877 à 1880 furent émis les types "Sage", toujours non dentelés (Yvert 24 à 45) pour utiliser les timbres de la métropole.

En mai-juin 1881 paraissent enfin 13 nouvelles figurines dentelées, les types "Commerce" créés par Alphée Dubois (gravés par Louis-Eugène Mouchon), résultat de la volonté de l'administration postale de se doter d'un véritable timbre colonial, différent de celui de la métropole pour éviter ainsi la confusion entre les "Sage" dentelés et non dentelés. La 14° valeur de la série, le 25c noir sur rose, est émise en mai 1886.

Les colonies sont donc approvisionnées avec ce nouveau timbre, alors même que des stocks existent encore sur place des anciennes figurines aux types "Sage" ou "Cérès". Celles-ci continueront de servir tardivement jusqu'à la fin du siècle ou bien serviront de support à des surcharges nécessitées par des pénuries de figurines à petite faciale.

Un événement imprévu va pourtant contribuer à la disparition inéluctable des "Alphée Dubois" en tant que timbre valable dans toutes les colonies : une directive officielle adressée aux directeurs coloniaux vers 1890-1891 leur intime l'ordre de surcharger du nom de la colonie tous les timbres en stock. La raison ? les timbres font l'objet d'un trafic de devises et il faut à tout prix limiter la casse !

En effet, en Indochine, un achat de timbres en monnaie locale (piastres) bénéficie d'un taux de change très intéressant, car nettement inférieur à la parité du franc. Les feuilles d'Alphée Dubois achetées à Saigon ou Hué peuvent donc être revendues à un prix normal à St Denis à la Réunion et dégager un bénéfice non négligeable. Dénoncé par la presse de l'époque, le trafic est cause directe de la décision ministérielle sus-mentionnée.

Chaque territoire exécuta les ordre reçus et, quelques semaines après la mise en vente des surchargés, les Alphée Dubois non surchargés perdirent toute validité. Théoriquement les causes du trafic cessaient d'exister.

II) la naissance des "Groupes".

La série des nouveaux timbres destinés à servir dans 18 territoires, "La Navigation et le Commerce faisant flotter sur les mers les couleurs françaises", que l'on allait rapidement abréger en type "Groupe" comprenait 13 timbres et 8 entiers postaux pour chacune des colonies, aux couleurs identiques à celles des types "Sage" alors en usage en métropole.

Leur naissance avait été motivée par trois raisons essentielles :

Les types "Groupe" répondaient tout à fait à ce triple objectif et, en novembre 1892, nombreux sont ceux qui cassèrent leur tirelire et déboursèrent les 90F nécessaires pour les acheter tous (environ 1300F en Francs actuels).

En 12 ans, ces 18 séries deviennent 29 grâce aux nouveaux territoires qui en furent dotés par suite de changement de nom de certaines colonies, mais aussi pour répondre à la nécessité d'adapter les couleurs de certaines valeurs à la réglementation de l'UPU, bref un ensemble de quelque 492 timbres (non comptés les surcharges locales qui ont continué à fleurir dans les colonies, ce qui donnera finalement plus de 900 timbres à ce type).

Un siècle plus tard, les "Groupes" n'ont rien perdu de leur prestige, rencontrant toujours un succès mérité auprès des collectionneurs. Un succès dû autant au classicisme de leur style, qu'à la gravure du timbre, ou surtout à tout ce dont est porteuse l'époque de leur émission :l es images, les clichés, liés à notre passé colonial ("le bon vieux temps des colonies"), même si la réalité était bien souvent trompeuse.

Financièrement parlant les "Groupes" ont encore l'avantage d'être accessibles à tous : avec des séries qui varient autour d'une moyenne de 100 à 150 euros ils offrent un refuge certain aux spéculateurs comme aux gros et moyens collectionneurs. Quelques valeurs phare sont certes réservées à une élite, mais les petites valeurs sont elles aussi à portée des bourses les plus plates. C'est ce qui en fait une collection "à géométrie variable", accessible à tous.

III) Mise en service

Les timbres furent vendus en France par l'Agence des Timbres d'Outre-Mer et dans leurs colonies respectives. Les premiers exclusivement acquis par les collectionneurs sont allés, pour la plupart, directement dans les albums. Généralement ils ont été bien conservés et on les retrouve avec charnière, en paire millésimée, en bloc de quatre ou plus (je suis preneur de planches entières s'il y en a !). Dans ces cas de bonne conservation, les timbres sont encore frais malgré leur âge centenaire, avec gomme généralement propre et lisse à défaut d'être intacte.

Les seconds constituent évidemment la majorité des oblitérés, des timbres que l'on ne peut négliger au vu des cotes de nombre d'entre eux. Mais il existe aussi des neufs provenant des diverses colonies. On les reconnaît souvent à leur gomme craquelée ou coulée, leurs couleurs passées, aux traces d'adhérence au verso et même parfois au recto provenant du fait que, pour éviter que l'humidité tropicale ne les fasse adhérer entre eux, on plaçait entre les planches de timbres des feuilles de papier paraffiné. Ces "coloniaux" sont parfois sans charnière et proviennent de blocs ou de feuilles acquises directement auprès des receveurs des territoires.

Certains collectionneurs les ont depuis dégommés, préférant préserver la dentelure et la fraîcheur du timbre plutôt que de sacrifier au rite abusif du "sans charnière". Mais que l'on se rassure, depuis quelques années nombre de vieux timbres qui avaient perdu leur gomme se sont vu offrir une nouvelle jeunesse à coup de regommages massifs (eh oui, même eux ont été les victimes toutes désignées de la sacro-sainte et ridicule mode du "neuf sans charnière" ... comme si tous les philatélistes étaient assez naïfs pour croire que des timbres de leur âge aient pu survivre dans des albums sans jamais voir une charnière depuis leur sortie de l'imprimerie !).

Les "Groupes" ne sont toutefois pas toujours des prix de beauté : ils sont beaucoup de défauts, et ce n'est pas en vieillissant qu'ils s'amélioreront (exception faite du cas décrit dans mon aparté du paragraphe précédent). Le papier est cassant et cela occasionne souvent des dents manquantes (principalement les dents des coins qui sont très fragiles), le centrage laisse souvent à désirer (comme pour les types "Sage" seules une à deux rangées par feuille méritent le label de "centrage parfait").

C'est pourquoi un "Groupe" en parfait état (gomme, centrage, dentelure) est un timbre très rare et la plus-value qui leur est appliquée peut aller jusqu'à 100% pour les timbres côtés entre 10 et 50 euros.

On ne connaît pas les tirages des premières séries, mais au vu des cotes, force est de constater que certains territoires ont dû être bien moins approvisionnés que d'autres. Le Gabon culmine à 420 euros (neufs ou oblitérés) tandis que l'Inde ne dépasse pas les 125 euros. Mais on ne peut pas tenir le même raisonnement pour l'Indochine (colonie très grande consommatrice en timbres) dont la série cote portant 360 euros neuve et 190 euros oblitérée.

Les secondes séries (5 valeurs émises vers 1899-1900) sont souvent plus rares que les premières. Cela s'explique par les tirages assez faibles de certaines valeurs (10 000 à 20 000 exemplaires) et le fait qu'elles aient été surchargées en 1912, ce qui a encore contribué à diminuer leur nombre. Les exigences de l'UPU voulant qu'à chaque usage devait correspondre une couleur particulière du timbre, le changement de tarifs pour l'étranger entraîna automatiquement la création de nouveaux timbres avec de nouvelles couleurs, incluant un 10c rouge (tarif carte postale pour l'étranger), un 15c gris, un 25c bleu (lettre à destination de l'étranger) et un 50c bistre sur azuré (lettre recommandée pour l'étranger).


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Après avoir utilisé comme les autres colonies les timbres des émissions générales, la Nouvelle-Calédonie imprime son premier timbre local en 1859 (le 10c gris-noir, gravé par le sergent Triquérat de l'infanterie de marine).

Puis comme dans les autres colonies, les surcharges (qui s'étaient multipliées à partir des années 1880) sur les timbres de Nouvelle Calédonie vont céder la place aux types "Groupe" en mars 1893.

Cette première série (Yvert 41 à 53) cotée actuellement 240 euros à l'état neuf présente quelques variétés intéressantes : absence de "NLLE" dans la légende de certains timbres; "E" de "CALEDONIE" transformé en "F"; "DEPENDANCES" sans "S" sur les 5c, 40c et 75c; teinte de fond imprimée au verso des 20c et 75c; légende déplacée sur le 1c; légende renversée sur le 50c.

La deuxième série qui est mise en service en 1900 pour constater les changements de tarifs postaux (Yvert 59 à 64), cotée actuellement plus de 190 euros à l'état neuf, offre également deux vedettes : les deux 50c, imprimés l'un avec légende rouge (le 63 : 10 200 exemplaires) et légende bleue (le 64 : 42 000 exemplaires).

Mais dès 1899, les stocks de "Groupe" étant épuisés ou insuffisamment renouvelés, de nouvelles émissions surchargées font leur réapparition. Le 20 décembre 1899 les 4c et 30c "Groupe" sont transformés en 5c et 15c. Tirage : 40 000 paires. Mais comme par le passé, des maladresses (rarement accidentelles) sont commises lors de l'impression, provoquante des surcharges renversées ou doubles. Résultat les prix s'envolent aujourd'hui :

N° Yvert

cote neuf

surcharge renversée

Surcharge double

55 : 5c sur 4c

4,58 euros

76 euros

76 euros

56 : 15c sur 30c

5,34 euros

65 euros

65 euros

A la suite d'une erreur (ou d'un essai) une feuille de 150 timbres du 4c fut néanmoins surchargée à 15c. Ils ne furent pas mis en vente auprès du public, mais sont tout de même catalogués comme non-émis sous le numéro 55b (cote : 650 euros).

Toujours par manque de certaines valeurs, un nouveau train de surcharges est réalisé en 1901. La particularité réside dans la réutilisation du matériel ayant servi en pour les surcharges d'Alphée Dubois de décembre 1892. Les surcharges sont faites en noir et (comme par hasard !) de nouvelles erreurs sont à nouveau commises lors de l'impression (c'est fou ce que les imprimeurs qualifiés peuvent se planter lorsque l'on s'approche du domaine à haut coéfficient spécullatif qu'est la philatélie !). Tirages : 40 000 exemplaires du 5c sur 2c lilas sur brun, 40 000 du 15c sur 75c violet sur jaune et 23 793 du 15c sur 1F vert olive.

N° Yvert

cote neuf

surcharge renversée

Surcharge double

54 : 5c sur 2c

19 euros

134 euros

134 euros

57 : 15c sur 75c

15 euros

65 euros

65 euros

58 : 15c sur 1F

24 euros

153 euros

153 euros

Au début de 1902, les derniers surchargés étant épuisés, et les 5c et 15c n'étant toujours pas livrés par la métropole, le gouverneur autorise une nouvelle fois la surcharge de deux "Groupe" (8 février 1902). Tirages : 63 000 exemplaires du 5 sur 30c brun et 57 000 exemplaires du 15 sur 40c rouge orange. Là encore de nouvelles erreurs (?) sont commises à l'impression, donnant naissance aux variétés : surcharge renversée, tête du 5 cassée, chiffre 5 gras, surcharge espacée, tête du 5 cassée avec surcharge renversée.

N° Yvert

cote neuf

surcharge renversée

tête du 5 cassée

chiffre 5 gras

65 : 5 sur 30c

9 euros

38 euros

31 euros

50 euros

66 : 15 sur 40c

7 euros

38 euros

 

50 euros

Il est néanmoins à noter que ces deux surcharges auraient également été apposées illicitement sur des feuilles de 2c. De ce fait, compte tenu de leur origine non officielle, ils ne sont pas cotés dans les catalogues.

La série du Cinquantenaire : les premiers commémoratifs locaux.

Destinée à rapporter des fonds pour combler le déficit de la colonie (le vieux système de la planche à billets est remplacé par celui de la planche à timbres), la série du Cinquantenaire de la présence française en Nouvelle-Calédonie eut une naissance difficile.

Au début le Conseil Général souhaitant une série de commémoratifs, mais les maquettes retenues suite à un concours furent refusées par le ministre de colonies, Gaston Doumergue. Qu'à cela ne tienne durent se dire les coloniaux, si Paris ne veut pas de notre maquette, nous surchargerons les timbres en stock ! (vieille habitude coloniale).

La particularité de cette émission surchargée est que le pouvoir d'affranchissement est limité à la seule Nouvelle-Calédonie ! Et si on les rencontre tout de même sur des lettres à destinations de la France, des autres colonies ou de l'étranger, c'est généralement parce que les timbres ont été collés en sus du port normal (en timbres courants) et ont ainsi été oblitérés. Dans ce cas là ils n'étaient rien d'autre que de vulgaires vignettes de propagande ... qui font aujourd'hui le bonheur de tous les collectionneurs du fait même de leur rareté.

Le succès de l'émission fut tel que trois tirages ont été nécessaires pour satisfaire les collectionneurs (les 16 juillet 1903, 4 février 1904 et 30 juillet 1904). Voici les chiffres de tirages globaux (compte non tenu des différences de couleur pour le 5c et 10c qui sont cotés à part dans les catalogues) :

67 : 1c

78.000

72-72A : 10c

120.000

76 : 30c

18.000

80 : 1F

12.600

68 : 2c

100.100

73 : 15c

270.000

77 : 40c

18.000

 

 

69 : 4c

80.000

74 : 20c

45.000

78 : 50c

21.000

 

 

70-71 : 5c

100.000

75 : 25c

67.500

79 : 75c

13.500

 

 

Types "Groupe" avec valeur modifiée par surcharge (Yvert 81-87) :

1 sur 2c

130.000

4 sur 5c

110.000

15 sur 25c

45.000

2 sur 4c

70.000

10 sur 15c

54.000

20 sur 25c

37.500

De nombreuses variétés sont répertoriées dans ces émissions, des plus courantes ("CINQUANTENA_RE" sans "I") au plus curieuses et rares : surcharge renversée sur le 1c, surcharges doubles sur les 4c, 25c, 1c sur 2c, avec surcharge bleue et rouge sur le 40c, avec surcharge noire et rouge sur le 75c, avec surcharge rouge et bleue sur le 1f ou la rarissime surcharge noire sur le 1F (4580 euros de cote).

A partir de 1905-1906 les premiers timbres grand format de Nouvelle-Calédonie vont remplacer les classiques "Groupe". Comme dans les autres colonies, les "Groupe" feront une dernière apparition en 1912 surchargés 05 et 10 (Yvert 105 à 109). Petite émission sans beaucoup de valeur, si ce n'est pour les fameuses surcharges espacées qui multiplient allègrement par 100 à 300 la cote des timbres concernés (du 05 sur 15c gris qui passe de 0,46 euros à 160 euros pour un demi millimètre de différence entre le 0 et le 5). Avec surcharge renversée et chiffres espacés le 05 sur 15c (Yvert 105a) offre un écart encore plus marquant entre le timbre type et la variété (4580 euros) : 10.000 fois la mise pour celui qui trouve la variété !

Une dernière utilisation des "Groupe" mérite néanmoins d'être signalée puisque de 1894 à 1900 on peut encore les retrouver sur courrier, mais cette fois classés parmi les timbres taxe. En effet en raison d'une nouvelle pénurie, de timbres-taxes cette fois ci, les timbres normaux ont été surchargés d'un petit "T" dans un triangle. Compte tenu de leur usage très particulier, ils ne sont côtés qu'oblitérés et sur lettre.

2 séries sont donc recensées : les 1c, 2c, 5c, 10c, 15c, 20c, 25c et 30c de 1894 (Yvert 1 à 6) et les 5c vert jaune et 5 sur 4c lilas-brun de 1899-1900 (Yvert 6A à 7). Il n'y a pas de date officielle d'émission mais deux textes confirment l'authenticité des pièces que l'on peut rencontrer.

Le premier est une correspondance du Chef du Service des Postes adressée à un collectionneur en décembre 1894 "... pendant quelques jours, le bureau de Nouméa a manqué de chiffres-taxe de petite valeur; on a alors employé des timbres ordinaires en les oblitérants au moyen du timbre "T" afin de ne pas les confondre avec les timbres d'affranchissement. Mais cela n'a été pratiqué que sur quelques rares timbres, au fur et à mesure des besoins et sans caractère officiel".

Le second est une mention figurant dans l'arrêté autorisant la surcharge des timbres à 5 et 15c du 20 décembre 1899 : "Les nouveaux timbres de 5 centimes pourront servir de chiffre-taxe de la même valeur moyennant l'apposition sur ces figurines du timbres "T" (taxe)."

Il est à noter que ces figurines ainsi transformées ne furent jamais vendues au public mais seulement apposées sur le courrier insuffisamment affranchi. Les neufs ne peuvent être que des faux ou des timbres de complaisance et sont donc sans valeur. De même s'ils ne sont pas sur lettre, les oblitérés ne peuvent être cotés qu'au prix du timbre normal oblitéré, et non comme un timbre-taxe.

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L'importante collection des "Groupes" asiatiques provient en fait de la seule colonie d'Indochine, dont une partie des timbres furent surchargés pour servir dans différents bureaux français en Chine, et le reste utilisé dans les territoires formant l'Indochine sous gouvernement français : l'Annam (Hué), le Cambodge (Pnom Penh), la Cochinchine (Saigon), le Laos (Louang Prabang), le Tonkin (Hanoi) et le territoire de Kuang-Tchéou-Wan en Chine du sud.

Si une seule série servit dans les différents états indochinois, il n'en fut donc pas de même pour la chine française. Sur celle-ci la France possédait en effet différentes concessions dont partie (Chine du Nord) dépendait directement du ministère des affaires étrangères et utilisait donc les timbres de métropole (Pékin, Tientsin, Tché-Fou, Shanghai, Ning Po, Han-Kéou, Amoy, Fou Tchéou, Arsenal-Pagoda) et partie dépendait du gouvernement colonial d'Indochine.

L'Indochine, alors gouvernée par l'auvergnat Paul Doumer (et futur Président de la République Française) est une immense colonie, prolongée par les implantations concédées par la Chine en 1897. Six bureaux indochinois s'ouvrent donc en Chine du sud : Mongtseu, Yunnan-Fou et Hoï-Hao en 1900, Canton en 1901, Pak-Hoï et Tchong-King en 1902. Ils sont d'abord approvisionnés avec des timbres d'Indochine (nom de la colonie imprimé en rouge).

Puis dès 1901 apparaissent les premières surcharges pour les bureaux de Canton (approvisionnés ainsi dès leur ouverture) et Hoï-Hao. Leur nom est imprimé à l'encore rouge en française et en chinois. Dans ces deux livraisons, signalons les deux raretés tirées toutes deux à 450 exemplaires : le 5c vert de Canton et le 15c bleu de Hoï-Hao.

Suit en 1902 une série générale, utilisée dans tous les autres bureaux (Yvert 35-48): ce sont les premiers "Groupes" surchargés Chine (la valeur chinoise est indiquée en sapèques sur les timbres de 1c à 4c, en cents sur les timbres de 5c à 1F, en piastres sur le 5F).

Puis paraissent de nouvelles surcharges par bureaux (pour tous cette fois) en 1903 (les valeurs sont exprimées de la même manière que ci-dessus). L'année suivante en 1904 elles sont remplacées une nouvelle série générale (Yvert 49-62). En 1906 les bureaux indochinois en Chine cessent d'utiliser ces timbres et n'affranchirent plus les courriers qu'avec des timbres surchargés à leur nom jusqu'à ce que tous les bureaux soient fermés le 31 décembre 1922, date à laquelle un traité international restitue à la Chine les anciennes concessions étrangères et où furent fermés tous les bureaux français. Seul Kouang-Tchéou fonctionnera encore jusqu'en 1943.

On a pu relever à cette occasion diverses surcharges renversées ou incomplètes, mais elles sont uniquement le résultat de tirages clandestins, entièrement conçu pour le marché déjà très lucratif des collectionneurs !

En effet pour reprendre une expression à la mode dans les services secrets, les tirages en question sont de "vrais faux". Vrais car réalisés avec le matériel d'origine, par l'imprimerie Schneider, à Hanoi, un fournisseur officiel de l'administration coloniale.

Faux car réalisés totalement à l'usine de la poste locale ! des spéculateurs achetaient aux guichets d'Hanoi des timbres indochinois sans surcharge (leur état normal) puis ils les apportaient chez l'imprimeur de l'administration, où des complices faisaient fonctionner clandestinement les planches confectionnées pour les surcharges des bureaux indochinois en Chine. Pendant deux ans la poste n'y vit que du feu. Quand le scandale éclata en 1907, la justice fut saisie, mais aucun jugement prononcé : pas de vol, pas de détournement de fonds publics, donc non-lieu ...

Le cas de Tchong-King est plus particulier car bien que référencé dans les catalogues, il s'agit là en fait d'une émission semi-privée. Réalisée juste avant l'envoi des premiers surchargés officiels, imprimée à Hanoi, cette série de "provisoires" est due à un collectionneur qui, rempli d'un zèle qui séduisit les postiers locaux, leur proposa de surcharger à ses frais les timbres indochinois en stock. Une manière d'anticiper sur la livraison officielle en somme.

Les timbres, on s'en doute, ne fréquentèrent guère les guichets de la Poste, sinon pour y recevoir des oblitérations de complaisance ... il y eu plusieurs tirages que les catalogues tentèrent de différencier, séparant le "presque officiel" du "complètement privé". Subtilité remplacé longtemps dans l'Yvert et Tellier par des guillemets au lieu et place de la cote, du moins jusqu'en 1994, date à laquelle les deux premières séries (1-17 et 18-31) retrouvèrent les honneurs de la cotation.


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("ORDRE SOUVERAIN MILITAIRE ET HOSPITALIER de SAINT JEAN DE JERUSALEM, de RHODES et de MALTE" ou "ORDRE SOUVERAIN DE MALTE").

ORIGINE :

Dès la fin du IX° siècle existaient à Jérusalem une église et un couvent où des moines venus d'Italie donnaient des soins aux pèlerins chrétiens et aux malades de toutes confessions. C'est à cet établissement religieux et hospitalier, placé sous le patronat de SAINT JEAN, que remontent les origines de l'Ordre.

Quand GODEFROY DE BOUILLON (1ère croisade) entra à Jérusalem en 1099, L'Ordre existait déjà sous l'autorité de Frère GERARD, ultérieurement béatifié. L'Ordre fut approuvé par le pape PASCAL II en 1113.

Après la mort de Frère GERARD, son successeur, RAYMOND DU PUY (premier qualifié "Maître de l'Ordre" compléta le caractère original de l'Ordre, qui devint également militaire par la création d'une milice armée privée.

L'Ordre était divisé en région, dites "langues" : PROVENCE - AUVERGNE - FRANCE - ITALIE - ARAGON - NAVARRE - CASTILLE - LÉON - PORTUGAL - ANGLETERRE et ALLEMAGNE. Le chef de chaque langue portait le titre de "pilier" .

L'Ordre fut souvent un novateur.

1er SERVICE HOSPITALIER : un hospice international à JERUSALEM pouvant recevoir plus de 1000 malades à la fois (fin du XI° siècle)

1er DRAPEAU : avant que la notion d'emblème national existât, L'Ordre avait fait approuver par le pape INNOCENT II en 1130, une oriflamme rouge à croix blanche, que l'on doit considérer comme le premier drapeau.

1ère ARMEE PERMANENTE

1ère ECOLE NAVALE

1ère RETRAITE DU COMBATTANT

1ère SOUVERAINETE INTERNATIONALE

L'Ordre a été très tôt une monarchie élective et constitutionnelle, hiérarchisée dont les membres étaient recrutés parmi de nombreuse nations. (France, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne). Puissance souveraine, l'Ordre possédait un territoire, une population, une autorité responsable, une armée, le droit de battre monnaie, des relations diplomatiques. En effet jusqu'à son départ de Malte en 1798, l'Ordre entretenait 4 ambassades (auprès du pape, de l'Empereur d'Autriche, des Rois de France et d'Espagne). Rien toutefois en Angleterre, ou HENRI VIII avait dissout et spolié l'Ordre dans ses états en 1540. Dès son installation à Rhodes, l'Ordre fut considéré comme souverain.

Les hospitaliers, chassés par les turcs en même temps que les croisés, s'établirent successivement à Chypre (1291), à Rhodes (1309) et à Malte (1530) qui leur avait été donné en fief par CHARLES QUINT.

L'Ordre resta sur l'île jusqu'à sa capitulation devant BONAPARTE en 1798.

L'Empereur PAUL 1er de Russie se proclama protecteur de l'Ordre. Il fut proclamé "Grand Maître" de l'Ordre par les chevaliers exilés en Russie, mais cette proclamation n'était pas constitutionnellement et canoniquement valide. PIE VI refusa de reconnaître cette élection. Son fils, ALEXANDRE Ier édicta le 16 mars 1801 que l'Ordre devait élire son "Grand Maître" selon ses statuts et usages antiques.

Choisi par le pape, le candidat élu par le prieuré de Russie, Jean-Baptiste TOMINASI devenait légitimement 73ème " Chef suprême de l'Ordre ".

En 1801, l'Ordre s'installe définitivement en Italie.

En 1814, le traité de Paris entérina la prise de possession de l'île par la Grande-Bretagne, bien que l'Ordre spolié n'ait jamais renoncé à sa souveraineté bafouée.

STATUT :

L'Ordre souverain, personnalité juridique, possède dans Rome un territoire de quelques hectares (2 parties : la Villa Malta, sur l'Aventin, et le palais de la Via Condotti, siège du grand magistère bénéficiant de l'exterritorialité).

Il bat monnaie, émet des timbres, valables seulement pour la correspondance avec 52 pays et à Rome entre les deux propriétés de l'Ordre. Il entretient des relations diplomatiques avec les 52 nations - délégations officielles en France (Comte Géraud de PIERREDON) en Allemagne, Belgique, Suisse et Monaco. Il a des représentants au sein des hautes institutions internationales : CONSEIL DE L'EUROPE - NATIONS UNIES - CROIX-ROUGE - O.M.S. La désignation de " Prince " et " Grand Maître " est toujours soumise à l'approbation pontificale. Le 77ème est FRA ANGELO DE MOJANA DI COLOGNA, élu le 8 mai 1962 par le conseil complet d'état. Il est assisté du souverain-conseil .

DRAPEAU :

De gueules à la croix latine d'argent.

EMBLEME :

Croix blanche à 8 pointes.

Le souverain conseil comprend depuis 1970 un membre français : le bailli Comte Géraud de PIERREDON, élu hospitalier de l'Ordre en 1978.

Les membres de l'Ordre en France sont au nombre de 350.

N.B. : L'Ordre ne peut être considéré tout à fait souverain, le " Grand Maître " étant ratifié par le pape, véritable chef de l'Ordre, qui est religieux.

ACTIVITES :

Oeuvres hospitalières (reconnues en France d'utilité publique). Se consacre essentiellement aux malades, aux lépreux.

Léproseries, hôpitaux, dispensaires, services d'ambulances, etc. Dans le monde entier, actions humanitaires pour aider les victimes de guerres ou de cataclysmes. Apport considérable de vivres, vêtements, médicaments, abris.

N.B. : Pavillon de Malte de l'Hôpital Saint Louis à Paris

DISTINCTION :

Pro merito militensi (MÉRITE DE L'ORDRE)

PHILATELIE :

L’émission des premiers timbres date du 15 novembre 1966, suite au décret du 20 mai 1966 du grand maître ANGELO DE MOJANA instituant la Poste Officielle de l’Ordre souverain militaire de Malte.

Utilisés uniquement jusqu’en 1979 par les différents lieux d’implantation romains, pour leurs courriers internes, les timbres de l’Ordre de Malte sont progressivement acceptés par l’Italie, puis par différents pays dans le monde. 52 états à la fin 1997 ont signé une convention postale avec l’Ordre de Malte qui, bien que représenté au Conseil de l’Europe, à l’UNESCO, auprès de nombreux pays d’Europe et d’Outre-Mer, n’est pour autant pas encore reconnu par l’Union Postale Universelle. Toutefois, selon certaines sources, cela pourrait se réaliser dans les prochaines années.

Très diversifiés, les thèmes de la philatélie de l’Ordre de Malte concernent principalement :

mais aussi :


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Nous présentons ici quelques marques postales de la ville de Sarcelles, sujet collectionné par quelques membres de la section. Si vous avez des pièces pouvant se rattacher à cette collection, n'hésitez pas à nous contacter.

Marque de 1836. "Sarcelles" seul, succède au cachet "Sarcelles-Ecouen"

Cachet perlé de 1863

Cachet perlé de 1858 avec PC 2805 et timbre Napoléon n°17g

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